Cloud Computing, sortez ma tête des nuages !

On ne parle que de ça depuis plusieurs mois. Opération marketing ou réelle évolution dans nos centres de données ? L’objectif de ce nouveau dossier est d’essayer de vous apporter un éclairage sur ce sujet.

Le Cloud Computing, c’est quoi ?

Littéralement « l’informatique dans les nuages », le Cloud Computing est un concept qui n’est pas totalement nouveau. Il est proche de la notion de Grid Computing apparue à la fin des années 90. L’idée est de mutualiser un ensemble de ressources matérielles afin de le gérer comme un pool. Alors que l’évolution de la virtualisation consistait à pouvoir découper une machine physique en plusieurs systèmes, le Cloud Computing permet de regrouper un ensemble de ressources matérielles afin de distribuer l’exécution d’une ou plusieurs applications.

Pourquoi ajouter une nouvelle couche de complexité à nos systèmes ?

Ces dernières années, la tendance du marché est d’évoluer vers un modèle « Software as a Service » (SaaS). Ce concept d’infrastructure répond donc à un certain nombre d’attentes liées à cette évolution au niveau des charges applicatives. Les principales caractéristiques de ce type d’infrastructure sont les suivantes :

  • Indépendance avec le matériel et/ou indépendance géographique
  • Flexibilité, évolutivité (on-demand resource provisionning)
  • Continuité de service, reprise d’activité
  • Distribution de charges de travail applicatives
  • Coût
  • Efficacité
  • Puissance

Entre concept et réalité

Il existe aujourd’hui deux implémentations très différentes de ce concept. La première consiste à mettre en œuvre des applications réparties sur plusieurs serveurs. C’est le cas de Google App Engine qui permet l’exécution d’une charge applicative répartie sur plusieurs centaines de serveurs dispersés géographiquement.

Cependant, les applications ayant été développées en ce sens sont encore peu nombreuses. Typiquement, une application Windows traditionnelle n’est pas adaptée à cette infrastructure. L’approche qu’ont adopté Amazon ou VMware est différente. Ceux-ci mettent à disposition des serveurs virtuels dans un environnement particulièrement flexible et sécurisé. Ceci permet de considérablement améliorer les conditions de maintien opérationnel de charges applicatives non compatible avec des moteurs comme celui de Google, qu’on peut assimiler à du Grid Computing.

Par contre, cette approche ne répond pas à certaines caractéristiques du Cloud Computing comme la puissance (obtenue grâce à la nature distribuée d’une application). Pire, dans certains cas l’utilisation de serveurs virtuels ne permet pas d’exploiter la totalité des ressources offertes par un serveur physique.

Pour résumer, on pourrait distinguer le « Cloud Applicatif » et le « Cloud Infrastructure » ou encore « Software as a Service » et « Hardware as a Service ».

Qui sont les acteurs de ce marché ?

On distingue plusieurs types d’acteurs :

  • Orientés développement: Google (Google App Engine) et Microsoft (Windows Azure)
  • Orientés infrastructure: Amazon (EC2, Elastic Compute Cloud), Citrix (C3, Citrix Cloud Center), VMware (vSphere), IBM (Blue Cloud), Sun (Sun Cloud Compute Service) et Cisco (?)

Bien entendu, certains de ces acteurs pratiquent les deux types d’orientation. Leurs offres sont pour la plupart de type hébergées ou destinés à des hébergeurs en dehors de VMware et Cisco qui se distinguent par la mise à disposition de produits permettant de créer son propre Cloud (dit « privé »).

Sommes-nous prêt pour le Cloud Computing ?

Finalement, difficile de dire qui est concerné par le Cloud Computing, ou encore par quel type de Cloud Computing. Il est clair que certains se reconnaitrons dans l’évolution de leur centre de données vers des mini-cloud privés et d’autres dans le développement d’applications réparties dans un environnement hébergé. A chacun de choisir !

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